La porte fortifiée de Clermont

Cette tour-porte, en brique cuite, est d’époque gothique et représente l’un des rares spécimens conservés d’architecture militaire en pays toulousain. Du castel viel disparu pendant la Guerre de Cent ans (Passage du Prince Noir en 1355 et ravages dus aux bandes armées à la solde du Comte de Foix ou du comte d’Armagnac) ne restent que les blocs de grès à sa base.

Un texte de 1469 permet de la dater : l’acte par lequel le seigneur de Clermont, Odet d’Isalguier, autorise les habitants à reconstruire leurs fortifications pour protéger onze maisons qu’ils vont y abriter. Sur la voûte, on observera la rainure de l’assommoir et celle de la herse et sur ses montants, les quatre énormes gonds qui soutenaient les battants de la porte.

La tour carrée qui la surmonte comporte deux étages. Au premier, était la salle des gardes éclairée seulement par deux fenêtres. Près de la fenêtre côté sud, il y avait une meurtrière découverte en 1933 en faisant tomber le crépi et de nouveau aveuglée. La fenêtre côté cour a été agrandie en porte.

La porte fortifiée de Clermont-le-Fort

Au second étage était la salle du guet éclairée par des ouvertures en plein cintre aujourd’hui murées côtés nord et ouest. Côté est il y avait une porte donnant sur le chemin de ronde.

Au début du XXe siècle, le bâtiment appartenait à la propriétaire du château du Piteau et était surmontée d’un pigeonnier pointu, survivances du droit du seigneur. Elle était en mauvais état : en 1925, un bloc s’en était détaché. La commune l’acheta pour 1 franc symbolique et elle fut classée à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 9/07/1926. Une première restauration intervint sans donner un résultat satisfaisant. C’est en 1933 que la porte prit son aspect actuel : toiture en auvent à la place du pigeonnier pointu, ouverture des fenêtres en plein cintre côté sud, suppression du crépi et mise en valeur des briques.

Les blasons

Le blason qui surmontait la porte ayant été martelé, la commune fit reproduire le blason des Isalguier sur le bâtiment qui jouxte la porte à l’ouest et le blason des consuls sur le bâtiment de l’ancienne mairie située à l’est.

La table d’orientation, les belvédères de Clermont

Vers l’ouest est l’endroit offrant le meilleur point de vue sur la plaine et, par beau temps, sur les Pyrénées : là est placée la table d’orientation. A ses côtés, un chapiteau renversé sert de soubassement à la croix dite de Saint Louis : on verra dans l’église l’original du chapiteau. La croix de fer forgé est l’œuvre d’un artisan du village qui a aussi refait la croix du clocher.

Un belvédère avec une croix en fer forgé

Un autre belvédère mériterait un réaménagement : placé sur l’éminence située juste au-dessus, il y a eu un calvaire datant du XVIIe siècle. Là est la motte qui dut porter la toute première fortification. Du petit jardin qui occupait la pente au sud de la salle des fêtes ne reste que des buissons qui cachent la vue.

Au fond, un calvaire disparu. Devant, un chapiteau renversé porteur d'une croix en fer
Aspect ancien du paysage : un petit jardin au pied d’un calvaire

Autour du Fort

Le pourtour du moulon est dessiné par une route continue sauf vers l’ouest où elle est accessible aux seuls piétons à cause de la proximité de la falaise. C’est cette proximité qui a entraîné l’abandon en 2007 de la ferme située sur son bord : derrière la végétation, on aperçoit la silhouette de son pigeonnier.

Le côté nord du Fort était occupé par un large fossé appelé la Baladasse. C’est aujourd’hui un parking. De là part le chemin de la Mirande et les chemins vers Goyrans. De là, on aperçoit le deuxième point de Clermont à avoir servi de fortification dans le Haut Moyen Age, la motte castrale appelée à Clermont tumulus. Il faut imaginer, sur cette levée de terre façonnée de main d’homme, une structure en bois abritant des guetteurs.

Un tumulus en haut d'une colline
La motte castrale : la régularité de sa forme révèle le travail des hommes

Sur la partie est du circuit, on observe le chevet de l’église et une croix en pierre décorée sur une face d’une fleur de lys, sur l’autre d’une rosace à huit pétales. Son élégance vient de ce que le croisement des branches est en arc de cercle et non en angle droit. Découverte dans le cimetière, cette croix a été placée là en 1929 lors d’une mission.

Une croix en pierre sur un piédestal