Les amis de Clermont-le-Fort

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Le patrimoine bâti

vendredi 6 janvier 2006, par Geneviève Durand


La porte fortifiée

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Le Fort
Photographie J. Dieuzaide

La porte que l’on voit aujourd’hui possède un soubassement d’époque romane. Nous ne savons pas exactement comment le château des Clarmount, premiers seigneurs connus, fut détruit. Mais il est probable que ce fut pendant la guerre de Cent Ans : soit en octobre 1355, lors de la Chevauchée du Prince noir qui traversa l’Ariège à Lacroix-Falgarde et brûla beaucoup de villages des coteaux ; soit lors d’incursions des Grandes Compagnies ou des bandes armées à la solde du Comte de Foix ou du comte d’Armagnac. Ce qui est sûr - car le document est conservé - c’est qu’en 1469, le seigneur de Clermont, Odet d’Isalguier, autorisa les habitants à reconstruire les fortifications. Les montants et l’arceau sont donc d’époque gothique et représentent l’un des rares spécimens conservés d’architecture militaire en pays toulousain. On observera la rainure qui servait à la herse et les quatre énormes gonds qui soutenaient les battants de la porte. La porte est surmontée d’une tour carrée qui comporte deux étages. Au premier, une salle d’armes possédait une meurtrière. Au second, la salle du guet comportait, sur trois côtés, trois fenêtres romanes : celles du nord et de l’ouest ont été murées lors de la dernière restauration. Au début du XX° siècle, -survivance sans doute d’un droit féodal-, la porte appartenait encore à la famille qui possédait le château du Piteau. La mairie l’acheta pour un franc symbolique en 1926. Elle fut alors inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et une complète restauration supprima le pigeonnier triangulaire qui la surmontait depuis le XVII° siècle.

Les croix disposées aux alentours du Fort

 Croix dite de Saint-Louis placée sur la copie d’un chapiteau roman près de la Table d’orientation. Comment ce chapiteau roman, orné de feuilles de chêne, est-il arrivé à Clermont ? Personne n’en sait rien. Il est probable qu’il provient d’un cloître détruit à la Révolution. Son décor végétal rappelle l’art cistercien. On peut penser à l’abbaye d’Eaunes, située à moins de dix kilomètres, dont le cloître a été démoli à la Révolution. Un fragment de chapiteau portant même décoration était autrefois sur la place de Saubens. Aux dires des gens d’Eaunes, le chapiteau de Clermont serait aujourd’hui le seul vestige encore visible de leur cloître. Notons, cependant, que l’original en marbre, redressé, est aujourd’hui dans l’église de Clermont et qu’on l’a remplacé ici par une copie en ciment, ce qui conserve l’arrangement du XIX° siècle de ce qu’on appelle à Clermont, la croix de Saint-Louis. La croix proprement dite,en fer forgé, a été refaite par Roger Calvet, qui a refait également celle du clocher.

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Croix de St Louis
Chapiteau roman

 Croix du XIV° siècle : à l’entrée est du village, on remarquera une croix de pierre sculptée sur ses deux faces. Celle qui regarde le village porte une fleur de lys, l’autre face montre une rosace à huit pétales. Une de ses originalités est l’arc de cercle qui remplace l’angle droit au croisement des branches. Est-ce une survivance de la forme discoïdale ? C’est la fleur de lys qui permet de la dater du XIV° siècle, les croix discoïdales datent du temps des comtes de Toulouse et portent la croix de Languedoc. Placée autrefois dans le cimetière, elle fut installée là en 1929 comme l’indique la plaque commémorant une mission.

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Croix du XIV ème

La cour du Fort et son puits

Un très petit nombre de maisons ont aujourd’hui une porte s’ouvrant dans cette cour. Mais cela devait être très différent lorsqu’une muraille les enserrait : il y avait toujours un espace, l’escoussière, entre la muraille et les maisons qui devaient alors s’ouvrir vers la cour intérieure. Le puits, avec la corde enroulée sur le tour, a servi jusque dans les années soixante. Il a plus de 20 m de profondeur. Lorsqu’en 1834, on rebâtit le réservoir, les puisatiers s’étonnèrent, dit-on, de la taille du réservoir où « une charrette aurait pu se mouvoir à l’aise ». Le bâti extérieur a été récemment restauré : une grille, forgée par Roger Calvet, le ferme.

L’église saint Pierre, saint Eutrope

Toutes les époques ont laissé leur empreinte dans l’église de Clermont.

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Chevet de l’église

A l’époque romane remonte le chœur qui fut sans doute la chapelle du castel viel des premiers seigneurs ainsi que les montants de la porte monumentale et de l’arc triomphal qui supporta peut-être un clocher. De l’extérieur, on observera, dans les murs est et sud, les différences d’appareil et les traces des anciennes fenêtres romanes murées.

De l’époque gothique datent les arcs brisés de la porte d’entrée et de l’arc triomphal. L’église dut être reconstruite à la suite de la porte fortifiée. Les chapelles latérales ont été ajoutées : celle du sud existait dès le XVI° siècle. Elle était la chapelle particulière d’une famille et changea plusieurs fois de dédicataire. Au XIX° siècle, elle a été consacrée à sainte Germaine, canonisée en 1854, représentée sur deux vitraux, par une statue en bois doré et par un gisant. La chapelle nord ne figure pas sur le plan cadastral de 1808. Elle est consacrée à Notre-Dame des Bois dont la statue, mais non la chapelle, avait été sauvée à la Révolution. La majeure partie de la décoration actuelle date du XIX° siècle et du début du XX°. En 1856, furent aménagées les demi-lunes qui éclairent le chœur et on suréleva la nef. En 1868, on demanda à un peintre italien, Antonio Buccaferrata, de décorer les plafonds et l’arc triomphal. Sur la voûte de la nef, il peignit dix-huit médaillons de saints. Dans le chœur, autour de la lunette centrale, il représenta les quatre évangélistes et sur la voûte, le patron de l’église, saint Pierre, sur un nuage. L’originalité de ces peintures est qu’elles représentent Clermont et les villages voisins, tels qu’ils étaient à l’époque :

  • Au plafond du chœur, sous saint Pierre, on reconnaît le village de Clermont sur son coteau mais sans la falaise qui s’est éboulée seulement en 1911.
  • sur l’arc triomphal, huit églises d’où part une procession : ce sont quelques unes des paroisses qui venaient chaque année à Clermont vénérer Notre-Dame des Bois.
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Intérieur de l’église
Remarquer les 8 médaillons sur les montants de l’arc triomphal

On distingue à gauche, de bas en haut :

    • Issus
    • Le Vernet ( ?)
    • Aureville
    • Goyrans

A droite, de haut en bas :

    • Auragne
    • Espanès
    • Venerque
    • Corronsac ou Rebigue ?

Au sommet de l’arc, dans un triptyque, est représentée l’invention de la statue ; à droite, le bœuf de la légende, à gauche, une procession. Au plafond de la nef, on voit 18 médaillons : dans chacun,est peint le buste d’un saint.

Qui était ce Buccaferrata ? Etait-ce une famille ? Ce nom est associé à la formation d’un peintre célèbre à la charnière des deux derniers siècles : Jean-Paul Laurens né à Fourquevaux (Haute Garonne) en 1838 et mort à Paris en 1928. Les biographies de Jean-Paul Laurens disent qu’il fut confié à 13 ans à des peintres piémontais parcourant le sud-ouest pour décorer des églises. Il les aurait accompagnés pendant deux ans. Les peintures qu’on voit dans la maison de son père à Fourquevaux ressembleraient aux médaillons de l’église de Clermont. Mais en 1868, quand fut décorée l’église de Clermont, J.P. Laurens était depuis longtemps parmi les peintres cotés à Paris.

Ces peintures de Buccaferrata, surtout les médaillons de l’arc triomphal, nécessitent une restauration : à la demande de l’Association, l’Atelier d’Assalit a posé des facings, sorte de pansements destinés à arrêter la dégradation. Mais on attend avec impatience la véritable restauration qui permettra de revoir les médaillons tels qu’ils étaient à l’origine. En vue de cette remise en état, l’Association attend de généreux donateurs.

Voici quelques photos de ces médaillons :

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Eglise de Venerque

L’église de Venerque est reconnaissable à son clocher crénelé. L’alignement serré des maisons souligne que Venerque n’est pas un village mais un bourg. On remarquera aussi le suisse qui conduit la procession.

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Goyrans

Notons que le clocher de l’église de Goyrans, détruit par le vent en 1884, a été refait en 1996 en s’inspirant de ce médaillon de l’église de Clermont :

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Aureville

Le clocher d’Aureville est un des plus reconnaissables mais le paysage alentour est fantaisiste.

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Espanès

Le village avait à l’époque un crépi blanc alors qu’aujourd’hui la brique est apparente.

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Auragne

Auragne est un village relativement éloigné mais des témoignages assurent que l’on venait à pied en pèlerinage à Clermont.


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